Aprem shopping..made in India

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Inde - Vizag
de Luce, le 09-10-2006

Aprem shopping..made in India


Samedi, premier week-end en Inde (l’autre, il comptait pas vraiment..)

Mon premier week-end en tant qu’habitante provisoire de l’Inde…Donc, pour ne pas être reprise de panique, je me suis fait un petit programme…Le Samedi, c’est shopping et Dimanche, tourisme…
Samedi donc, grosse grasse matinée, bien méritée…Je note un petit progrès, le bordel des rickshaws et des klaxons indiens ne m’ont pas trop dérangée, c’est vraiment bon signe…Si je recommence à bien dormir, c’est que je m’habitue…
Je me lève, bois café et direction le bas de l’immeuble pour prendre un rickshaw. Cette fois, je suis préparée psychologiquement à ne pas céder en cas d’arnaque et à ne pas « faire touriste ». Il faut que j’ai l’air « d’habiter ici »…Bref, le seul problème, et qui n’est pas moindre, c’est que je n’ai pas de monnaie « no change », comme ils disent ici…pas une roupee. Et pour prendre rickshaw, toi avoir avoir money…Tant pis, j’en prends un, il attendra que je change les chèques et je le payerai après. Bref, mais où changer les chèques ? Il m’avait semblé apercevoir une banque à DuttIsland…Je lui demande de m’y amener. Et l’aventure commence ici…Il ne sait pas où c’est…Ok…Baragouinage en indglais pour expliquer, c’est peine perdue…Comme dans tous les cas où un indien est en difficulté, il hèle son voisin qui se fera un plaisir de l’aider (à tel point qu’on en vient à croire qu’ils aiment se mêler des affaires d’autrui..mais on constatera cela bien plus tard). Donc mon rickshaw arrête un indien qui passe (c’est bien simple, ils sont un milliard ici donc des indiens qui passent, y’en a tout le temps, et plus encore, on est entouré d’indiens qui « attendent »)…L’indien arrêté parle un peu mieux indien que l’autre donc il semble un peu comprendre où je veux aller. Se passe donc le rituel explicatif : j’explique à l’indien en anglais, qui explique à l’autre indien en indien, qui me ré-explique par des signes et nous sommes partis. [A noter que le rickshaw me demande 50 roupees au départ (ce qui est exorbitant pour le trajet que je demande), je prends un air méga assuré et dit : « no, 20. » Il accepte. Victoire. Premier challenge accompli.]
Me voilà dans le rickshaw tout sourire. Tout sourire pour un temps parce que il ne m’amène pas du tout dans la bonne direction. Je lui tape donc sur l’épaule et lui dis : « no ! the other side, the other side », avec grands signes de la main qui accompagnent…Il s’arrête [à noter que, quand un rickshaw s’arrête, c’est dans la minute où vous lui avez demandé de vous arrêter. Y’a des gens derrière ? c’est pas un problème…Y’a un mec qui manque de lui foncer dedans ? c’est pas un problème…Y’a des gens sur le bas-côté ? c’est pas un problème.. !!] Et le revoilà à héler un indien. Et nous revoilà à baragouiner les uns en anglais, les autres en indglais ;les uns en indien, les autres en language des signes….
Peu après, je suis enfin arrivée à destination… DuttIsland. Je fais signe au rickshaw de m’attendre le temps de retirer des roupee. Manque de bol : le distributeur ne marche pas. Bon…Je demande donc au gardien de la banque où je peux changer mes dollars. Il ne parle pas anglais. Il hèle donc un indien qui passait par là…Qui en hèle un autre. A cela se rajoute le rickshaw. Puis une indienne qui est réquisitionnée parce qu’elle est la seule à parler bien anglais. Nous voilà ainsi, formant un petit groupe devant la banque, à essayer de résoudre activement mon problème de change. Et ça tchache et ça tchache…Moi, au milieu, qui ne comprend pas toujours tout.Mais qui sent bien tout ce petit monde impliqué, le temps de quelques minutes, profondément dans la résolution du problème…Episodes de traduction (anglais-indien-signes). Puis on m’indique un magasin où le change peut s’effectuer.
Je m’y rends donc, suivie d’une petite troupe, le rickshaw, un indien qui m’accompagne et un autre qui semble intéressé par mes problèmes. Et me voilà entrant en trombe dans le magasin. « Where can I change money ? Dollars, Roupees ? ». On m’indique un petit comptoir, louche. Un vendeur de bijoux. Je suis méfiante et intransigeante. Ici, le rickshaw et l’indien intéressé sont relayés par des membres du personnel du magasin. Je suis au comptoir bien accompagnée !! Ici, c’est fou, tout le monde se mêle de tout. Je sors mes papiers, tout, ils regardent. J’explique au vendeur ma situation. Là, il me passe un portable, avec un gars au bout du fil, c’est le boss du magasin qui est chez lui (j’entends ses enfants hurler derrière) et qui me demande combien je veux : 1300 roupees pour 40 dollars. Ok. Il faut juste une photocopie du passeport. Ca y’est, la question est lancée dans le petit groupe d’indiens : où est-ce qu’elle peut faire une photocopie ? Ca tchache. En indien. Moi au milieu. On semble trouver une solution. Qui est-ce qui lui montre ? L’indien intéressé ? Ok. Il m’emmène. Dans un bouiboui, et hallucinant, dans ce bouib, y’a une photocopieuse !C’est bon. On retourne au magasin. L’échange est fait.
Je retourne à mon rickshaw. Lui demande qu’il me dépose chez Spencers, une « grande surface » indienne. Il ne sait encore pas où c’est !Rebelotte, concertation chez les indiens, on lui explique, il peut m’emmener. Je quitte la petite troupe. Enfin les courses.

Me voilà chez Spencers. Le plus grand magasin de Vizag…Et pour cause, on y trouve de tout…Le paradis. Des cotons-tiges !Des rasoirs jetables !Du chocolat en tablettes ! Je m’émerveille d’un rien occidental.
Je parcours les rayons, lentement. Je passe près d’une demi-heure au rayon beauté. Je m’achète une sorte de pâte ayurvédique (c’est la médecine aux plantes d’ici) pour le visage (la chaleur et la poussière=boutons,aieaieaie). Et je décide de m’acheter vraiment à manger pour cuisiner. Donc pas de pâtes en sachet et de trucs tout près. J’achète fruits et légumes, et je prends un fruit de chaque sorte que je ne connais pas. Pour goûter. Je fais le plein de gâteaux, coca. Je cherche désespérément du jus d’orange mais peine perdue. Ici, c’est jus de mangue. Vas pour le jus de mangue !
Je m’attarde devant les produits…Et au moins cinq indiens viennent me demander ce que je cherche…Mais, quelles bandes de pipelettes !Il règne une ambiance de folie, même ici, au supermarché. J’hallucine. Encore et encore.
Je cherche une serviette. Je demande à une vendeuse. Et me voilà aussitôt entourée de trois vendeurs et deux vendeuses, qui me sortent tout leur stock, en me posant mille questions : et d’où je viens ?et combien de temps je reste ? et blablabla. Plus d’un quart d’heure au stand textile…
A la caisse, j’ai le chariot plein, j’en ai pour 1000 roupees, soit 20 euros. C’est vraiment peu cher. Et pourtant j’ai acheté des produits de luxe pour ici…Je gagne un cadeau. Ce sont des lames de rasoir Gillette. (ce qui constitue un bon cadeau pour ici vu le prix des lames, exorbitant en roupees).

Je sors enfin du magasin. Chargée comme une mule. Je prends un rickshaw. Je veux aller au magasin de fringues où m’a emmené Preeti…Je n’ai que l’adresse sur un papier, je ne sais pas y aller. Je la montre au rickshaw. Il ne sait pas où c’est. Et ça recommence, et blablabla avec un autre rickshaw et un indien qui passe par là, qui en profite, entre deux explications, pour me demander d’où je viens, et blablabla. On y reste 10 minutes. Je commence à m’habituer. Le sport national est la tchache de groupes, en pleine rue, et tant pis si on bloque les voitures
ou les rickshaws… !
Enfin, chez Propancha…et la folie acheteuse me prend. J’y reste bien une heure, à tchacher avec les vendeuses (elles sont quatre et me demande d’où je viens, etc, et me disent que mes sourcils – j’ai bien dit sourcils et pas cils - sont magnifiques…c’est bizarre, ce ne sont pas les premières ici à me le dire, l’indienne de la guest house à Chennai m’avait aussi fait cette remarque). Je m’achète deux tuniques à manches courtes et le même pantancourt que le noir mais en rouge avec des ptits grelots…une écharpe (ici, même si tu n’es pas décolletée, il faut mettre une écharpe qui tombe sur la poitrine pour dissimuler les formes)…des bracelets en bois magnifiques…je suis heureuse. Je repars avec tous ces achats, et le frigo plein. ! Après-midi shopping…made in India !

Juste, avant de me coucher, j’ai une vision d’horreur. Un énorme lézard sur le mur…Ici, les lézards sont à peu près 5fois plus gros qu’en France. Il part se cacher dans un coin. Je préfère ne plus y penser…
Je me couche. Demain, grosse journée touristique…


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