Le voyage est long et laborieux, mais cela en vaut la peine. De toutes façons, je commence à m’y faire : tout voyage en Inde est laborieux. Train, des heures de train. Des milliers d’odeurs, pas toutes agréables, soit dit en passant… ! Des milliers de visages. Et surtout, cette famille, cet homme, cette jeune fille, en face de toi, sur ta banquette, dont tu as tout le temps de scruter le visage, les moindres traits, les mimiques. Et puis à qui tu racontes ta vie. Pourquoi tu es ici. Et blablabla on s’offre des bananes (toutes petites et delicieuses) achetées à un vendeur ambulant dans le train (ah, les vendeurs ambulants…il y en a des milliers qui passent, tous avec leur cri bien spécifique, et qui vendent tout et nimporte quoi, gateaux d’apéros, gâteaux sucrés, escalopes de poulet, soupes, dvds, etc etc – d’ailleurs, pas de problème si tu prends le train sans avoir dans tes poches de quoi te nourrir, tu trouveras toujours… !)
Enfin, Chennai. Avec bien deux heures de retard.
Je sors du train. Folie furieuse. Chennai…
Satian, qui travaille au bureau de Pondi, est venue me chercher.
Galère pour trouver le chauffeur qui, (et je le comprendrais bien plus tard) est un homme de la Lune…Enfin, nous voilà dans la voiture, une Jeep assez confortable. Direction Pondi. 3heures de route. Et l’impatience qui me ronge…
La nuit tombe, je ne peux pas bien voir le paysage, mais les quelques bribes que je perçois dans l’ombre sont magnifiques. Du vert, partout. Des ilôts de palmiers, ça et là. Des rizières. Et l’océan qui nous accompagne, impassible.
Satian est super. Toute gaie, elle papote avec le chauffeur, Noor, dans un language connu d’eux seuls. En effet, Noor ne parle que tamil. C’est un jeune petit gars, bel indien, les yeux d’un noir profond qui brillent d’une étrange lueur enfantine. Il rit, sourit. Comme un enfant. Les cheveux un peu ébourriffés. Il s’arrête « Noor, tchaï ! », il lui faut son petit thé quand la nuit tombe, ça le réveille. On en prend un aussi. Mmmmh, décidément j’adore leur tchaï.
On entre dans Pondi. Cela ne change pas des villes indiennes. Du bruit, traffic d’enfer, lumières, effervescence. Un instant, je tremble : c’est ça Pondi, l’ilôt de calme au milieu de l’Inde ??
En fait, Pondi, c’est très très grand. La vie indienne s’étale autour du centre historique, et est fidèle à elle-même. C’est quand on s’approche du cœur de la ville que le changement devient perceptible.
Les rues commencent à s’ordonner, des bâtiments d’un blanc éclatant, des façades au doux style français, des couleurs pastels, des gens qui marchent, des vélos, des cycle-rickshaw. Tout semble miniaturisé. C’est la petite vie de Pondi qui apparaît, toute fraîche et si mignonne. J’aime.
Arrivée au bureau, où je vais aussi loger.
Il est situé dans un petit quartier, non loin du centre de Pondi, Kuruchikupam, assez calme. Quartier indien, avec de jolies maisons tamiles, serrées, avec leurs terrasses sur le toit, leurs façades jaunes, blanches, rosées. Les rues sont étroites, un peu sombres. Ambiance village. Des familles sont assises devant leurs portes, discutent. Des vieilles indiennes nous regardent passer. Des chiens dorment.
Le bureau est en fait dans une de ces maisons.
Grand portail en fer forgé aux ondulations orientales. Grande porte en bois sculpté. Au rez-de-chaussée, c’est la guest house. Un grand hall, une immense cuisine, salle de bain, et 3 chambres. J’en hérite d’une. Les autres sont occupées par d’autres gens qui travaillent aussi là. Tous indiens.
Premier étage, c’est le bureau. Pareil, grand hall, immense cuisine, salle d’eau et 3 pièces.
L’ambiance est vraiment à l’indienne. Les carrelages, les faïences, les sandales à l’entrée que tout le monde laisse pour se trimballer pied-nus.
Je rencontre quelques personnes du bureau. Sudastran, administrateur. Petit indien aux traits un peu asiatiques, tout sourire, mais aussi grande gueule quand il n’est pas content. Jérôme, français qui est en Inde depuis un an, qui vadrouille pas mal avec sa femme Irisha, et leur petite Mae. Et d’autres, dont je ne saurais écrire les noms.
Bref, l’ambiance me plaît.
Mais j’ai hâte de découvrir Pondi.
Dodo.
Sitôt levée, nous voilà partis en excursion dans les villages.
A 6 dans la Jeep : Satian, Noor, Piyush, Vangadesh,Jerome et moi. C’est parti pour une vadrouille de 2 jours…
J’adore l’ambiance « expédition », la Jeep s’enfonce dans la cambrousse indienne, luxuriante, éclatante de nuances de vert…On traverse des villages. Routes cabossés, indiennes qui portent des pots sur la tête, milliers d’échopes, de fruits, d’enfants…Les vies défilent. Je regarde, comme aspirée par ce tourbillon d’existences que je ne soupçonnais pas.
On s’arrête. On boit un thé. On repart. On discute. On se re-arrête. On mange dans un « resto » très très …authentique. Tous assis sur des bancs en bois, deux longues tables l’une en face de l’autre, notre feuille de banane en guise d’assiette. Un indien nous sert les uns après les autres, passe avec sa grosse marmite. Riz. Sauces. Et chacun y va avec les doigts. Quand t’en as plus assez, t’en redemandes. Quand t’as fini, tu plies la feuille de banane et tu la mets à la poubelle. Et tu vas de laver les mains au seau d’eau. Typique !
Puis les événements s’enchainent. Dans notre petite Jeep, on se trimballe de villages en villages, mille rencontres avec les équipes qui bossent là, mille visions d’horreur de tous ces villages détruits par le tsunami, reconstruits…aux petites cabanes (certes, dénuées de confort) aux toitures faites de branches de cocotiers se subsituent des centaines de maisons identiques les unes aux autres, lottissements…bienvenue aux campings post-tsunami ! , mille éclats de bonheur…tous ces enfants qui viennent t’encercler, jouer avec toi, ils s’approchent, feignent l’apeurement mais une lueur malicieuse brille au fond de leurs regards…tu fais mine de les attraper, ils t’effleurent, partent en courant, accourent de nouveau…ils rient. Leurs cheveux ébourriffés, leurs petites nattes, leurs mains sales, leurs éclats de rire…ils sont beaux…puis ces paysans, ces pêcheurs qui scrutent nos allées et venues dans le village, ils nous emboitent le pas, juste le temps d’une ballade, silencieux derrière nous…puis le tchaï, que les habitants se sont employés à nous préparer en urgence, pour nous, les visiteurs, pour qu’il soit prêt quand le tour du village sera fini…enfin, mille gestes de la main quand la Jeep redémarre, et les enfants qui courent sur le chemin, leurs petites mains nous disent au revoir jusqu’à ce que nous soyons loin, loin…
Retour à Pondi. Je suis épuisée. Mal au dos. Trop de trajets, de voyage. Ma tête est pleine, je suis un peu perdue. Encore un nouveau lieu à découvrir. Les forces me manquent. Trop de choses vues, trop de choses…
Après une bonne nuit de sommeil, Ca y est, je commence la découverte de Pondi intramuros !
Jerome et Irisha m’emmènent dans un resto français, Satsanga. Jolie petite cour, cerclée d’arcades aux nuances de jaune et de blancs, des tables et petites chaises à l’allure vraiment mignonnes un peu partout, dans la cour, sous les arcades... Et puis au fond, le salon plus indien, sous une toiture en bambous, avec chaises et fauteuils moelleux, grandes tablées, petites loupiottes, nuances de rouges, de roses, d’oranges…J’adore. Et puis la bouffe, un choix de plats français merveilleux !! J’ai l’eau à la bouche…Qu’est-ce que je prends ?? ..je m’émerveille de tous ces plats, denrées rarissimes !!...finalement, je me commande un steack sauce échalotte. Miam miam je me régale. Et puis tous ces visages français, ça discute, bienvenue au repère des frenchies !!
Repas fini, j’entame une petite visite de la ville. Il faut que je trouve une guest house pour le weekend, parce que Victor, un pote de Sciencepo qui fait son stage à Bangalore, vient passer quelques jours à Pondi. Et puis la guest house de l’association est sympa, mais un peu hors-centre, et puis, ça sera toujours plus sympa de loger au même endroit.
J’ai une adresse, celle du Rêve Bleu. Il paraît que c’est mignonnet et convivial. Eh bien, soit ! c’est parti…
Rue milad. Quartier tamoul. La rue est large, les trottoirs sont vraiment pas mal, c’est propre. J’hallucine déjà sur la rue …d’ailleurs, j’hallucine dans la plupart des rues de Pondi : des trottoirs !des poubelles !et monDieu !!!...la signalisation au sol pour les places de parking !!c’en est trop !un rien d’organisation, et mes yeux s’écarquillent !
J’arrive devant la guest house et là, émerveillement le plus total : une magnifique petite maison toute bleue, avec un petit balcon tout bleu aussi…j’entre. Et je comprends pourquoi cette petite merveille porte si bien son nom…le rêve bleu…c’est exactement ça… : une grande pièce, avec des piliers en bois massif par ci par là, auréolés de bleu ; des tableaux partout, colorés, d’inspiration tribale, des miroirs sculptés, des petites loupiottes, une table en bambous et ses magnifiques chaises assorties sous une entrée de lumière : le plafond est ouvert et le bleu du ciel trône au-dessus de la table…
Manoj m’accueille…oui, bonjour, c’est pour quoi ??...dans un français parfait !Ah, ce Manoj. Petit gars de 25-30ans, artiste s’il vous plait (toutes ces œuvres sont siennes), qui vit là, en haut…il y a son atelier, et sa chambre. Alors, son atelier, c’est tout un lieu. C’est L’atelier de L’artiste par excellence. Des tableaux partout, des couleurs partout, des outils partout, le tout éclatant de lumière, le tout allant parfaitement avec la maison. Simple, magique.
Et puis il y a aussi le salon indien, avec le grand canapé qui fait angle parsemé de mille coussins de toutes les couleurs, une petite table basse, des petits poufs autour,…mélange d’orient et d’afro…beaucoup de bois, de bambous.
Et puis le jardin. Niché au cœur de la maison, il est tout vert, avec là un salon d’été made in bambous, une table, un hamac…la totale.
Et les chambres…toutes meublées en bambous, sobres, mais raffinées, des tableaux aux murs, des rideaux vert anis, rouge, pastel…je suis sous le charme. Et ce ne sont que des mots. Je m’émerveille, ouaahh…mais c’est trop beau ! ouahhh… mais c’est toi qui a fait ça ?? …ouaahh… mais y’a encore le jardin ??!! ..l’hystérie me gagne presque… !
Manoj est vraiment sympa. On discute. Et moins d’une heure plus tard, me voilà juchée à l’arrière de sa mobylette à faire le tour de Pondi !je m’accroche parce qu’il faut dire que la conduite indienne est assez sportive, ça freine, ça accélère, ça fait un écart parce qu’un rickshaw manque de nous rentrer dedans, je me cramponne aux poignées et tente de suivre le mouvement…et à cet instant, je réalise l’exploit qu’accomplissent toutes les indiennes qui montent en amazone à l’arrière des motos…elles sont là, tranquilles, assises à l’arrière comme on s’assied sur un banc, aucune trace de stress ou de crispation sur leur visage, les mains posées sur leurs cuisses, tandis que la moto rugit, file, zigzague…un mystère.
Bref, me voilà, moi, bien cramponnée.
Manoj m’emmène un peu partout, au café du coin me présenter quelques amis, à l’office du tourisme prendre un plan, acheter une carte sim, sur le front de mer, pour enfin me déposer en ville. J’ai quelques courses à faire. Puis je flâne dans les rues…le quartier central est très animé, des boutiques partout, des gens partout, des autorickshaws partout, c’est bien l’Inde. Puis les rues alentours sont calmes, blanches, aérées. Bâtiments coloniaux, stricts, éclatants, adoucis par les petites touches orientales. Le résultant est vraiment réussi. Atmosphère de paix…coquetterie de l’architecture. Mmhhh, c’est un régal.
J’en profite pour aller faire un peu de shopping. J’ai le temps, il fait beau et surtout Pondi est renommé pour ses boutiques de fringues. Là encore, j’ai une adresse : Fabindia. J’y vais. J’ai une furieuse envie de fringues !!j’entre. et là, l’émerveillement (encore !). Des tuniques, courtes, longues, aux motifs et formes diverses, couleurs chatoyantes, des pantalons ali-baba, de toutes les couleurs, des écharpes, des jupes, des… des… des …je déplie des centaines de tuniques, je flâne, j’hésite, j’essaie, je demande à la vendeuse, j’hésite encore…qu’est-ce qu’elle en pense, elle ? vaut mieux le pantalon rouge ou vert pour aller avec cette tunique ? …je réessaie, je me décide enfin, je m’apprête à aller payer mais oh ! je l’avais pas vu celle-là, et c’est reparti, la cabine, l’essayage, les hésitations…la vendeuse sourit…je reviendrais une autre fois, là, je peux pas tout prendre…et je m’envole, légère comme un petit papillon, avec mes nouveaux habits sous le bras…
Le soir, Jerome et Irisha m’invitent à venir boire un coup chez eux. J’accepte avec joie ! (enfin, quelqu’un qui m’invite !).on passe une bonne petite soirée, on tchache, on rigole, petite Mae va au dodo, on reste sur la terrasse, les bruits de Pondi en fond…et les pétards qui commencent à fuser…ce week-end, c’est Diwali, la grande fête indienne, les indiens s’échauffent à allumer les mèches !Les lumières partout, guirlandes luminescentes…ça sent la fête…
Jeudi. Victor arrive. Petite galère pour se trouver à la station de bus, qui grouille de gens, d’autorickshaws, de bus, etc… « madam ! rickshaw ? », non, non, c’est bon. Finalement, par un heureux hasard, dans tout ce brouhaha et cette folie, je l’aperçois.
Hop, hop, hop on s’engouffre dans un rickshaw (âprement négocié celui-là, c’était un dur à cuire, mais moi aussi j’en suis devenue une… !), direction la guest house.
Conformément à mes prévisions, Victor est lui aussi sous le charme du lieu (qui ne pourrait pas l’être). Le temps d’en faire le tour, nous voilà partis à l’océan. Petite ballade le long du front de mer, on crame nos clopes au son de l’écume qui s’abat sur les rochers…instant de paix, comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. Rien d’autre que ces vagues, l’odeur de l’iode, la nuit, sombre et infinie qui se confond avec le noir de l’océan face à nous…ces goutelettes qui m’éclaboussent, mon nez qui frémit, l’iode…je respire. Et le brouhaha de tous les indiens en fond me paraît indispensable au tableau…Je suis bien, ici, en Inde, là, maintenant. C’est peut-être la première fois que je me le dis vraiment.
Le week-end s’annonce touristique. Mais typiquement touristique. Autrement dit, on va où les guides disent d’aller, on fait ce que les guides disent de faire, on se fond dans la masse de touristes. Pour cela, il nous faut le matos adéquat, surtout l’appareil photo mitrailleur, collé au visage…
Direction Auroville, la ville-utopie, fruit de la vision de la Mère, qui a pour vocation d’ « être le lieu d’une vie communautaire internationale, où tous pourraient vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités » , car selon elle, « il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde ». Bon, ok. Mais la principale curiosité du lieu, c’est le Matrimandir, l’ « âme d’Auroville ». Géante sphère dorée qui semble sortir de terre…Seule, isolée, au centre de la ville, elle s’élève. Il est vrai que la structure est impressionnante mais quelle déception !nous devons suivre un sentier touristique qui nous mène juqu’au Matrimandir, sans nous en écarter une seconde (des gardes veillent à ce que l’on n’emprunte pas d’autres chemins), nous y arrivons enfin et là, ben, tu restes bien à 10mètres du truc, partout, des panneaux t’interdisant de faire ci et ça, tu prends trois photos et tu repars. Voilà, merci, au revoir, cétait la visite d’Auroville. Après, pas un aurovillien à l’horizon pour t’expliquer comment ils vivent, leurs choix, leurs manières de penser, leur routine, leur artisanat…la ville s’étale au milieu de la jungle, partout, des petits chemins, des routes ombragées, aucune construction en vue puisqu’elles sont disséminées dans la forêt, impossible de percevoir quoique ce soit de la ville. Bon, après bien sûr, les boutiques d’Auroville à la sortie, ça n’en manque pas, elles, elles sont bien présentes…hum hum, la visite et surtout l’esprit de la visite me restent un peu en travers de la gorge…je découvre les aléas de la vie de touriste…
Samedi, direction Mahaballipuram, sorte de station balnéaire de la côte, importante destination touristique, à 2heures de bus de Pondichery.
Le bus indien…Le contrôleur passe dans les rangs. Ici, tu n’achètes pas ton ticket à la montée dans le bus, tu paies une fois assis. Pour l’instant, c’est le départ, tout le monde a une place. Victor et moi, on a même une banquette rien que pour nous deux, autrement dit, le luxe…qui ne dure pas bien longtemps. Dès le premier arrêt, ça monte, ça monte, ça se serre sur les banquettes…on se serre aussi. A trois sur la banquette. Deuxième arrêt, ça monte, ça monte, ça reste debout et ça se serre dans l’allée du bus. Des chaines s’organisent pour passer les sous des gens fraichement montés jusqu’au contrôleur qui est à l’arrière du bus. Et ça hèle les destinations, les prix des tickets, et les roupees passent entre les mains. Une fois. Puis deux fois, pour rendre la monnaie. Le contrôleur, du fond du bus, hèle les gens qui n’ont pas payé, et qui espéraient peut-être échapper à son œil de lynx…mais c’était sans compter sur son œil infaillible qui repère tout : qui monte, qui descend,… « hey ! toi, tu descends là ! », pas question qu’il ne reste plus qu’il n’a payé de trajet ! …mais quel œil ! quelle mémoire !dans ce fatras de gens, le bus brinquebalant, zigzaguant entre les caisses de pétards qui explosent le long de la route…
Hélés par le chauffeur, nous descendons tant bien que mal du bus. C’est notre arrêt. Il pleut. Flaques partout, des seaux d’eau sur la tête. Boue. Temps nuageux. Super station « balnéaire »…
Dès notre descente du bus, nous sommes assaillis par des rabatteurs qui veulent nous emmener à tel hôtel, nous montrer telle curiosité, nous réserver une table à tel restaurant. Je m’énerve. Plan à la main, valise à bout de bras, pieds trempés, j’essaie de me repérer dans la ville…elle est où la rue principale ? attends, le plan est pas dans le bon sens…non, non, c’est bon, on n’a pas besoin d’hôtel, c’est bon !…Je suis vraiment à bout, tous ces indiens qui viennent t’envahir, parce que t’as la gueule du bon touriste. Je deviens presque agressive. Finalement, je me repère enfin. Ok, la rue principale, c’est ça, donc on remonte et là, y’a une guest house sympa…Et elle est en effet bien sympathique notre petite guest house…Des petites maisonnettes, aux toits bleus (décidément), petites portes bleues, façaces blanches, petite terrasse avec table, grands lits avec moustiquaires, et restaurant en bambous sur pilotis…là aussi, c’est le petit coup de foudre…le tout pour 3euros la nuit…qui dit mieux ??!
On entame la visite du site. Mahaballipuram, c’est tout petit en fait, un village de pêcheurs. Plage, temples. En une après-midi, on en fait le tour. C’est joli, mais le tourisme est tellement présent que ça en devient lourd. Partout, des marchands qui te hèlent, te suivent, te harcèlent presque avec leurs marchandises…A tel point, que t’es obligé de les envoyer chier. Pas une seconde sans qu’on essaye de te refourguer un truc. Cela m’use, me met les nerfs en pelote. Ici, tu sens les sourires faux, les sourires « spécial touristes ». Car des touristes, il y en a !De toutes nationalités, de tout âge. Ils sont rois ici…
Le soir, c’est Diwali. Des pétards explosent, partout. Mais pas les petits pétards, des caisses de pétards !! C’en est presque effrayant. Ca pète de partout, là-bas, ici, à deux centimètres de toi alors que tu marches tranquille. C’est la folie furieuse, on se croirait presque en guerre ! Les rues, sombres à l’habitude, sont illuminées de feux éphémères. Les enfants, allumettes à la main, ont les yeux qui pétillent…Et munis de leurs appareils, les touristes mitraillent …
La soirée s’achève agréablement, petit repas dans resto du bord de plage. Rencontres avec quelques touristes.
Demain, retour à Vizag…pour faire le point sur l’étude après ma visite des villages. Mais je n’ai déjà qu’une seule hâte…retourner à Pondi…
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